Valdec’Quint, un brin d’histoire

Valdec’Quint, un brin d’histoire

A l’occasion du trentième numéro de la revue, et sur la suggestion de plusieurs adhérents, il nous a semblé intéressant, à travers cet article, de jeter un regard sur le passé pour se tourner vers l’avenir avec confiance et volonté d’entreprendre. Peut-être ne recueillerons-nous pas ce que nous avons semé, mais ceux qui nous succèdent récolteront pour nous. Nous vivons tous sur les épaules de nos prédécesseurs dans l’aventure humaine.

En 2006 a été créée avec des membres du conseil municipal de St Julien en Quint et de concitoyens intéressés une Commission de Développement ayant pour but, les aménagements urgents étant en voie de réalisation, d’allonger le regard pour imaginer un avenir pour la commune et les jeunes qui ne peuvent pas tous reprendre une exploitation agricole.

A titre d’exemples, en août 2006, un programme de formation aux Techniques de l’Information et de la Communication couplé avec un accueil en gîtes et un programme touristique, des cours d’informatique financés par le Parc du Vercors, une pré-étude sur la diffusion des produits agricoles de Quint par e-­commerce pour sortir de la pression sur les prix exercée par les acheteurs des grandes surfaces et même par les coopératives qui en dépendaient.

La Commission de Développement avait également imaginé un programme culturel avec un journaliste-­marcheur, Philippe Lemonnier, séjournant à Quint appelé “ les mardis de Saint­-Julien “. Il consistait à réunir tous les deuxièmes mardis du mois, les personnes intéressées dans la salle communale bien équipée en moyens audiovisuels pour assister à une conférence du Collège de France ou du Conservatoire des Arts & Métiers sur des sujets variés : visite virtuelle de grands musées, astronomie, histoire… avec un spécialiste (il n’en manque pas dans le Diois) pouvant répondre aux questions posées par la suite. Un sondage effectué a montré que les habitants de Die semblaient plus intéressés que les concitoyens sur place.

Entre 2007 et 2008, la commune acquiert un bâtiment pour accueillir l’EPI, privilège à l’époque pour un village de cette taille, et pour réaliser 2 appartements destinés en priorité aux personnes souhaitant créer une activité et des emplois dans les bureaux de la mairie.

Le 11 Décembre 2009, le dossier ÉPI ayant été validé par les financeurs, une réunion de la Commission de Développement sur le fonctionnement de cet ÉPI et décide qu’une association serait la structure la mieux adaptée pour gérer le local et accompagner le projet. C’est la naissance après un accouchement sans problème de Valdec’Quint : Valorisation par l’Animation Locale du Développement Economique et Culturel de la Vallée de Quint.

Cette association prend corps assez rapidement avec l’arrivée de Mehdi NAÏLI et le lancement sous l’impulsion de Josiane BROCAULT, Alain GUILLET et Jean-­Claude MENGONI et d’une équipe de rédaction de la gazette baptisée “Feuille de Quint“. La plume alerte et riche d’humour de Jean-Claude nourrit les éditoriaux et des articles variés informent les habitants de la vallée des événements présents et à venir. La Feuille de Quint relate aussi des tranches de l’histoire locale grâce à des enquêtes, des auditions de témoins souvent très touchantes, des enquêtes, de la documentation. La distribution aux habitants est effectuée dès le premier numéro par des bénévoles. La Feuille rencontre un accueil intéressé dans les communes et bénéficie de la bienveillance des Maires et des Conseils Municipaux qui la soutiennent par des subventions.

De 2010 à 2013, c’est Jacques GUILLEMINOT qui est Président de Valdec’Quint et met en place les activités avec l’aide de Mehdi et à partir de 2011 avec une Co-­Présidente très active, Maryline WOLF-­ROY. Cette  dernière prend la Présidence en 2013, avec Alice BRUANT pendant un an. Des décisions importantes sont prises comme le changement des statuts et l’embauche en Juillet 2013 de Juliette PINAULT. L’association reçoit l’agrément Espace de Vie Sociale (EVS) de la CAF, une reconnaissance publique pour le travail effectué et les projets à venir.

3 axes de développement sont fixés :
  • Axe 1 : accès aux droits
  • Axe 2 : solidarité
  • Axe 3 : lien social

L’année 2014 est fertile en événements : le lien social (axe 3) a été prédominant avec la Fêtes des enfants, la boum des enfants de l’école de Quint, l’organisation des marchés Bee Ô Festifs à Ste-Croix, un mois de Décembre pas comme les autres, jeudis après-midi, jeux de cartes, pendant l’hiver avec les personnes âgées de la vallée, passage du cirque Cir’Qule. L’axe 2 solidarité, se traduit par les commandes groupées de produits biologiques, les débats citoyens, la rédaction et la diffusion gratuites de la Feuille de Quint dans tous les foyers de la vallée. Enfin, l’axe 1 accès aux droits se concrétise par l’assistance et les conseils conseils informatiques.

En 2015, sous la Présidence de Maryline avec Alain BUCAS et Michel TUZ Co­-Présidents, sont mis en place les Ateliers d’éveil musical parents enfants avec le concours d’Isabelle PERRACHON ainsi que les Cours de percussion africaines. Autres événements: Projections itinérantes de films, fête des enfants à Vachères-­en-­Quint, marchés Bee Ô Festifs à Ste­-Croix, Troc de fringues, Stage arts-­plastiques / éveil musical / danse, apéro beaujolais nouveau, mois de décembre pas comme les autres, rencontre parentalité, atelier couture.

Avec Maryline et Alain en 2016, on assiste au renouvellement de l’agrément de la CAF, à l’arrivée de Tim, à la création de la commission Gratte la Terre qui s’ajoute aux activités déjà existantes ; parmi elles, le mois de décembre pas comme les autres qui comporte 11 événements proposés et 158 participants au total. L’animation des marchés Bee Ô Festifs est abandonnée ; Juliette prend un congé maternité.

En 2017, Maryline quitte la Présidence et Damien HENSENS lui succède avec la coprésidence de Baby ROBINNE et d’Anabelle MICHELIN pour 1 an. L’activité ne faiblit pas, loin de là. Retour de Juliette avec Tim. On peut citer la soirée démocratie participative, les projections itinérantes, le troc de fringues, le programme culturel estival avec 6 spectacles, une randonnée artistique avec l’association Art & Montagne ainsi qu’un jeu Contraintes et libertés, mois de décembre pas comme les autres, chantiers avec l’association holosophique de France qui séjourne chaque année dans la vallée, des achats groupés (produits bio, huile d’olive, compost).

Un important travail sur la gouvernance a été réalisé en 2017 donnant lieu à une organisation plus horizontale avec la création de diverses commissions animées par des responsables qui rendent périodiquement compte de leurs initiatives lors des réunions du conseil d’administration. Sont mises en place les Commissions Gratte la Terre, Pilotage, Bibliothèque, Itinérance dans les communes.

Le dynamisme et l’activité passées de Valdec’Quint laissent augurer un avenir riche en initiatives, en dévouement et en réalisations pour le bien commun. Notre reconnaissance et nos vœux de réussite accompagnent l’équipe qui travaille dans cette voie.

Gérard DELLINGER
avec le concours de Juliette, de Mehdi et de Tim

 

Assemblée Géniale de Valdec’Quint 2018

 

Une nouvelle salariée pour Valdec’Quint

Une nouvelle salariée pour Valdec’Quint

Toute l’équipe de Valdec’Quint est heureuse d’accueillir Samia Benguetaïb comme nouvelle salariée. Elle remplacera Juliette pendant son congé maternité et se chargera, entre autre, de la gestion administrative et de la communication de l’association.

N’hésitez pas à venir faire sa connaissance à l’Épilibre, Samia apprécie énormément cette vallée et sera ravie de faire votre connaissance !

 

 

 

Les compteurs Linky en question

Les compteurs Linky en question

Valdec’Quint souhaitait organiser une réunion d’information sur les compteurs Linky mais hélas, aussi bien Enedis que les opposants aux compteurs Linky ont refusé notre invitation.

Vous trouverez un article sur ces nouveaux compteurs dans la prochaine Feuille de Quint.

 

Le repeuplement de la vallée : rencontre à Vachères

Le repeuplement de la vallée : rencontre à Vachères

Nous avons dans la dernière Feuille de Quint, Jean-­Claude Mengoni et moi-­même, commencé à essayer de comprendre le repeuplement de la vallée de Quint en se focalisant en premier lieu sur le village de Vachères. Pour  mémoire cette commune comptait 6 habitants en 1972 alors qu’elle en compte aujourd’hui 40. Au-delà des chiffres nous avons souhaité rencontrer ces nouveaux habitants. Qu’ils nous disent peut-être pourquoi ils sont venus ici, en quête de quoi ?

Très gentiment ils ont accepté que l’on se voit, et de se raconter. C’est ainsi qu’un soir d’avril nous nous sommes retrouvés à une dizaine chez Michael et Fanny dans leur maison en bois, claire et spacieuse. Chacun  avait apporté sans se donner le mot de quoi grignoter. Tous les habitants n’étaient pas là bien sûr ; certains n’étaient pas libres ce soir, d’autres avaient peur du « blabla » ! Mais enfin il y avait quand même plus du 1/3 de la population adulte. Autour de la grande table les langues se sont déliées, tranquillement.

Liek Wartena, la plus ancienne a commencé en racontant leur arrivée, à Sjoerd et elle-même, en 1972 en venant de Hollande. Citadins ils n’étaient pas spécialement destinés à vivre à la campagne, mais l’enthousiasme du retour à la nature qui a suivi les années 68 les a entraînés. C’est à Vachères qu’ils ont atterri par hasard : « il y avait alors 6 habitants sur la commune qui terminaient leur vie active dans une quasi autarcie traditionnelle. L’électricité était arrivée depuis 20 ans mais l’eau « courante » n’est arrivée qu’en 1984 en provenance d’une source captée au hameau des « Juges » à St Julien pour alimenter 3 communes de la vallée! il y avait bien de l’eau avant, mais alimentée par la source de Vachères qui fonctionnait l’été au goutte à goutte ; et l’on n’avait le droit d’ouvrir le robinet que 2 heures le soir. Le village a bien changé, il y avait un grand mur autour de la mairie, la plupart des maisons étaient inhabitées ou utilisées rarement depuis 60 ans. Nous avions tout à apprendre, et les anciens ont été très solidaires. Il faut dire qu’ils savaient tout faire : ils étaient cordonniers, bouchers, agriculteurs, maçons… Petit à petit nous apprenions le métier. Nous avons commencé par avoir des chèvres et par fabriquer du fromage que j’allais vendre sur le marché. Puis au début des années 90 nous avons transmis l’activité à de jeunes allemands qui étaient venus chez nous faire un stage (Jochen Haun et Oda Schmidt) et nous avons développé une activité d’herbes aromatiques et médicinales. La vie de Vachères vient de cette symbiose entre les cultures. »

Nathalie et Florence sont arrivées quant à elles à Vachères en 2009. Nath, accompagnatrice en montagne, connaissait la nature depuis toujours, Flo plus citadine avait comme une nécessité de nature, de retour aux sources. La rencontre avec des agriculteurs bio de la vallée de Quint, leur approche, les ont convaincues de se lancer, ici, dans la fabrication d’huiles essentielles et de beaucoup d’autres produits transformés à partir des plantes médicinales qu’elles cultiveraient dans la vallée. Petit à petit, comme les Wartena 37 ans auparavant et comme Jochen et Oda 20 ans avant, elles se sont intégrées dans le milieu agricole du Diois. « C’est par notre travail que nous avons acquis une vraie reconnaissance ».

La soirée avance. Laetitia prend la suite. Elle est arrivée en 2014 en provenance de Nantes pour un stage de formation professionnelle agricole chez Nath et Flo. Séduite par la région et le village, elle décide d’y rester pour démarrer une activité de tisanes. Elle réside maintenant comme locataire dans le logement communal qui vient d’être réhabilité … par des entreprises pour quelques lots (charpente couverture, électricité…) mais surtout par les habitants de Vachères qui bénévolement sont venus à tour de rôle donner un coup de main… voir beaucoup plus.

Juliette qui enchaîne est arrivée de Die 2 ans auparavant pour retrouver son compagnon menuisier dans la vallée. Elle travaille elle-­même comme gestionnaire et animatrice de l’association Valdec’Quint à St Julien-en-Quint. Leurs 2 enfants (l’un est encore à naître très prochainement) iront à l’école dans la vallée. Certains autour de la table précisent que l’arrivée de Juliette et Olivier a permis que se développe une ambiance très chaleureuse et participative dans le village. Il faut dire aussi que cela coïncidait avec l’aménagement de la placette devant la mairie : mur abattu, plantation d’1 arbre, création d’un terrain de boules et donc rencontres-apéro sous les lampions.

Enfin Michael et Fanny nos hôtes d’un soir sont arrivés en 2016 avec leurs 2 enfants en provenance de Nîmes. Instituteurs tous les 2 ils cherchaient à vivre une vie plus proche de la nature, plus solidaire aussi. Ils connaissaient le Diois depuis 2009… et ont sauté le pas en voyant une annonce de maison en bois et verre en vente à Vachères…

La soirée se poursuit, des retardataires passent un moment, on évoque ceux qui n’ont pu venir ce soir, éleveurs de brebis qui ont pu s’installer dans le village grâce à l’association Terre de liens, techniciens agricoles, travailleurs agricoles dans la vigne, fabricante de savon, musicienne, gestionnaire de magasin…

Au final on aura beaucoup appris en une soirée sur le repeuplement des campagnes et du Diois en particulier : ces 3 vagues d’installation qui se sont succédées ­dans les années 70, au début des années 90 et depuis 2010 – où la nature superbe, la transmission des savoirs et l’envie de vivre ensemble se sont combinées pour enrayer la désertification et créer peut-être une nouvelle culture ancrée dans le territoire elle aussi.

En remerciant sincèrement les habitants du village qui ont bien voulu se prêter au jeu.

Bruno ROBINNE avec la participation et la complicité de Jean-Claude MENGONI

Inauguration du logement communal de Vachères réhabilité en grande partie par les habitants du village