Histoire de “l’ancienne épicerie de Sainte-Croix”

Histoire de “l’ancienne épicerie de Sainte-Croix”

Cela fera bientôt 10 ans que j’ai choisi d’habiter Ste-Croix, le village de mes grands-parents paternels, où j’y ai fait restaurer une habitation dans une des parties qu’occupaient mes ancêtres.

Hors, il se trouve que la chambre qui donne sur la terrasse avec les 3 marches était « L’Épicerie » que tenait la grand-mère maternelle de mon papa (photo n°1). Quelques rares habitants s’en souviennent encore ! Je vais vous raconter…..

Un peu avant 1912, Marie-Madeleine (née Aubert en 1868 ) originaire de Monclar-sur-Gervane, et Jean-Baptiste Thomé son époux (né en 1864), originaire d’Aurel, habitaient Tourette sur la route de Vachères en Quint (ou résident actuellement Mr et Mme Wartena).

C’était une petite propriété. Mon aïeul allait travailler tous les hivers à l’usine de soie à Sainte Croix que l’on appelait « La Fabrique». Il fallait désabler «  la roue à pêche » ( ou ‘roue de pêche’ , ‘roue à augets’ ) alimentée par un canal qui venait de La Sûre. Mais comme il devait travailler dans l’eau très froide…. Il est alors tombé malade… Ne pouvant subvenir à sa famille, c’est là que Mme Thomé (maîtresse femme parait-il) eut l’idée d’acheter un gros morceau de gruyère qu’elle détaillait ensuite aux gens du village. A cette époque il était courant qu’une personne fasse venir un produit qu’ensuite elle détaillait aux voisins. Madame Lagier habitant en haut du village vendait du vinaigre (souvenir de mon père Robert Bellier) et, de la « Toile Souveraine » par morceaux ! (souvenir de mon oncle Michel). On l’utilisait pour mettre sur les plaies qui ne guérissaient pas.1

C’est ainsi que peu à peu, elle a « monté » son épicerie. Car après le morceau de gruyère, c ’ e s t l a r o u e e n t i è r e  !! ….. Et, tout a suivi …..

Un courrier de Juin 1912 d’un Établissements Alimentaires RUIZAND frères et René SALLES de Crest annonce l’avis de passage par le train, de leur Voyageur Mr. Noel Boisset pour venir « INSTALLER LE MAGASIN. Nous pouvons donc dater « le début » de ce commerce à Ste croix avec précision. 

Dans l’Epicerie, la porte (d’origine) sur la droite permettait d’accéder à la pièce de vie par des escaliers. Mais comment être averti quand le client rentrait ?… Heureusement, Georges Leclanché avait breveté « la Pile Leclanché » en 1866 et mis au point en 1867 la première pile au dioxyde de manganèse (voir photo).

Ainsi mes astucieux ancêtres se sont servis de cette découverte pour fabriquer « leur propre pile » système D… Quand un client ouvrait la porte de l’épicerie, il mettait en contact deux lames en cuivre qui actionnaient la sonnette. Mon père et mon oncle se rappellent avoir entendu parler de 3 ou 4 bocaux de sulfate d’ammoniaque placés sur une étagère à droite de l’entrée, dans lesquels se trouvait une bougie en céramique poreuse et du charbon. 2 fils reliés l’un à la porte et l’autre à la sonnette avec suffisamment de voltage faisaient retentir la sonnette !

Son mari Jean-Baptiste continuait à s’occuper de la petite propriété à Tourette, et entre autres d’une vache. Ils ne buvaient que le petit lait car le beurre…… c’était pour vendre ! …

Quand il rentrait retrouver sa femme, de temps en temps (je suppose !), de Tourette à Sainte-Croix, «on l’entendait arriver de loin !»…d’après Amédé Grangeron … car il se déplaçait en Vélocipède (très grande roue devant avec pédales et petite roue derrière). Cet engin ne passait pas inaperçu, cerclé de fer… sur les chemins de l’époque … !!! Ce vélocipède, c’est Ludovic Aubert, très

bon forgeron reconnu comme artiste dans son travail, qui l’avait fabriqué.

Au fur et à mesure, l’épicerie prenait de l’ampleur. Elle desservait les environ, la vallée de Quint jusqu’à Pontaix. Quelques fois des clientes s’arrêtaient, empruntaient le chemin de la famille Monier (non clôturé à l’époque, permettant l’accès à la fontaine de « Fon rosa »), pour dire bonjour en laissant leur vélo sur le bas- côté de la route de Saint- Julien. Elles buvaient du café ou, mangeaient parfois un morceau…

Même après la fermeture de l’épicerie, cela a continué … Mme Raillon de Vachères-en-Quint venait souvent dire bonjour à ma grand-mère Ida Bellier qui continuait à aider son papa à tenir l’épicerie, suite à la disparition de sa maman âgée de 61 ans ! Et, même après…

Jean-Baptiste Thomé a vendu le stock de l’épicerie dans l’année 1933 à son neveu Aubert en bas, (ou habitait Irène Laudet) au carrefour de la route de St Julien et de la route qui traverse le village, pour une somme dérisoire… Année de la fin de l’histoire car il n’y a plus rien d’écrit dans les cahiers !

C’est en 1935, qu’Il est parti rejoindre sa femme dix ans après…

Étant petite, je venais dans cette épicerie Aubert avec ma sœur, acheter des bonbons à 1 centime (des anciens francs). Je me rappelle du tintement de la sonnette de la porte d’entrée!…

C’est seulement en décidant d’écrire cet article que j’ai « plongé » dans cette caisse poussiéreuse chargée d’histoire ! J’y ai retrouvé des documents inattendus, et, entre autre des cahiers de ventes journalières, de caisses et une petite partie des comptes clients.

Curieuse et amusée, c’est ainsi que j’ai pris connaissance de ce patrimoine familial ! Merci à mon père 88 ans et mon oncle Michel – bientôt 85 ans-, pour leurs précieux renseignements.

J’ai découvert page après page les marchandises que notre aïeule vendait aux familles, qui, a cette époque, faisaient souvent marquer et payaient … « quand l’argent rentrait » !

Je dois vous avouer qu’à mon grand étonnement, en ouvrant les livres de comptes ….. « iI y a encore vos ancêtres qui ont une ardoise ! »……. Mais rassurez-vous, dormez en paix !… Il y a  « p r e s c r i p t i o n » ! ….

Marie-Madeleine achetait des bonbons « la pie qui chante » (encore d’actualité !) à un représentant de commerce. Elle vendait même de « la Piquette ». Ce breuvage se faisait avec du sucre et de l’eau que l’on rajoutait dans la cuve d’où l’on venait de tirer le vin (rapporté par mon oncle). On pouvait acheter des «surprises »… de la viande de chèvre,(qui n’avait pas eu de chevreaux !)…

Et, en parcourant les quelques factures, quelle ne fut pas ma surprise de constater le nombre de fournisseurs !! Mais comment s’y prenait-elle pour tout « caser »  dans une pièce d’environ 23 m² ?

J’ai pu comptabiliser 15 fournisseurs avec les seules enveloppes de la caisse. Mais je n’ai pas feuilleté toutes les factures reliées (avec de la bonne ficelle). Voici donc quelques exemples de fournisseurs : Fromages Farges de Thiezac , Denrées Coloniales Louis Combe (Morue, eau de fleur d’oranger), Mercerie Bonneterie R. Ditisheim (bas, fil chinois..), Giliberts Tezier (pâtes alimentaires..), Henri Martel (salaisons conserves), Magasin de la Tour Crest (Malt, vermicelles, coquillettes..), Comptoir Général de l’espadrille (Sandale Regun), Chocolat Castan, Biscuiterie confiserie Usclat et Romieu, Ste Géo (saucissons), Ste Le Gourmet (jambon), Entrepôts Généraux du sud Est ( café, végétaline, sucre, petits beurre, pieds paquets, lessive Chaix, gruyère trefle), Confiserie des Alpes (bte petits caramels, lait poudrés, Montplaisir, dragées blanches, bte grosses bombes espagnoles, bte bois réglisse ankara), Chocolat Pupier ( pupier bleu, paquets brabant au lait, bâtons Le Provençal), Lantheaume –Blain (faïence populaire cristaux, casseroles, terrines, vases de nuit, verres de lampes … Ceci n’est pas une liste exhaustive …

La caisse est refermée … avec tous les souvenirs qu’elle a fait revivre et découvrir pour les générations qui suivent.

Qu’est devenue cette pièce ? …

Elle a servi un temps pour l’élevage de vers à soie ce qui se pratiquait bien à l’époque… Il y avait également un extracteur à miel pour les besoins de la famille.

C’est aussi la pièce que mes parents jeunes mariés (mai 1952), ont habitée, en transformant l’accès à l’autre pièce, en placard… Quelques mois après je montrais mon bout de nez à Die à l’hôpital.

J’y ai dormi plus tard…. l’année des premiers pas sur la lune 1969 ! Quel contraste ! L’un sur la lune, et moi qui découvrait un matelas’ bruyant’ en feuilles de maïs ! Et oui : bientôt 10 ans que l’Ancienne Epicerie est devenue ma 2eme chambre, chargée d’histoires, et d’anecdotes !

Profitons de nos Anciens pour « Récolter » pendant qu’il en est encore temps !

A bientôt peut être…. dans » la Feuille de Quint ».

Francine Bellier

Sainte-Croix – juin 2016

1 « Toile souveraine », « Toile Miraculeuse », où  Toile de l’Abbé Eugène Bertrand : Curé de Certilleux (Vosges) qui durant 53 ans a guéri et soulagé de nombreux malades de 1893 à 1946. (source : article de Jean Palaiseul sur internet : latoilemiraculeue.free.fr/votresante.pdf)

Histoire de maison : Aujourd’hui Les Moutiers

Histoire de maison : Aujourd’hui Les Moutiers

Installés depuis plus de 30 ans en Alsace, nous avions l’intention de retrouver des contrées plus clémentes dès que la retraite nous le permettrait. Nous avons cherché pendant 2 ans un site accueillant qui nous permettrait de donner jour à nos projets, visitant ainsi le Vaucluse, puis la Drôme provençale. Mais la déception était rude, que de vent, que de bruit, que de nuisances, que de monde …

Et un jour nous avons découvert Les Moutiers.

Ce fut comme un aboutissement … La maison collait à nos projets, par son esthétique, sa grandeur, sa position à flanc de coteaux, ses différentes terrasses, sa vue magnifique sur le village de Ste-Croix et en arrière plan sur les 3 Becs. Le coup de foudre !

Et l’enthousiasme est toujours là. Après avoir investi et créé nos deux gîtes ruraux, nous prenons plaisir à accueillir nos vacanciers dans ce petit havre de paix et à essayer de répondre à leurs nombreuses questions sur notre maison qui ne les laisse pas indifférents.

Nous avons donc écouté les anciens du village et fait des recherches dans l’état civil et le cadastre … Nous avons ainsi découvert qu’au fil des années le nom du domaine est passé de Mottier (1809) à Motier(1827), puis à Moutier (1878) et enfin à Moutiers (1888). Ce nom vient du vieux français môti, môttier, moutier, moustier qui est synonyme de « monastère ».

Et en effet, il nous a été raconté par les anciens que le nom Moutiers viendrait du fait que la maison aurait été construite sur les ruines d’un petit monastère qui, dans des temps fort lointains, aurait accueilli des lépreux.

C’est possible … car le monastère de Sainte-Croix est tenu par les Antonins du XIIIème au XVème siècle. Cet ordre s’est spécialisé dans les soins apportés aux malades atteints du « mal des ardents ». Cette maladie est due à l’ingestion de pain de seigle contaminé par un parasite, l’ergot du seigle. Ses symptômes sont très proches de ceux de la lèpre et il est probable qu’à cette époque les malades affluaient au monastère pour bénéficier de la clémence de Saint Antoine et des bons soins des moines …

Ceux-ci ont su très tôt faire la différence entre le « mal des ardents » non contagieux et la lèpre très contagieuse et il est probable que les malades atteints du mal des ardents étaient soignés près du monastère et que ceux atteints de la lèpre étaient orientés vers un endroit plus éloigné afin d’éviter tout contact. Mottier, à 800m du village et du monastère, isolé par la Sûre, pouvait fort bien être un petit moutier annexe au grand monastère de Ste-Croix et destiné à recevoir les incurables contagieux …

Mais à ce jour nous n’avons trouvé aucunes traces écrites de ces affirmations et suppositions …

Nous ne savons pas de quand date la maison. On a retrouvé la date de 1742 gravée dans la pierre, mais une chose est sure, la maison est déjà présente au cadastre de Napoléon de 1824 et dans les plans au sol toujours actuels. Elle appartient alors à la famille SIBOURD (Sibourg, Sibourd ou Sibour, selon les actes d’état civil de l’époque) et a pour nom Mottier. Les Sibourd, Augustin et Elizabeth, née Borel, étaient de Saint-Sauveur en Diois et sont arrivés à Sainte-Croix vers 1768 car cette année là nous trouvons la naissance de leur fils Augustin dans les registres de Sainte-Croix alors qu’il n’y a pas trace dans ces mêmes registres de la naissance des 2 frères aînés en 1765 et 1766. Cinq fils et une fille naîtront encore dans cette famille de 9 enfants.

La famille vit à Mottier trois générations avec Augustin et Elizabeth (Borel) et leurs 9 enfants, puis Pierre et Dimanche (Aurand) et leurs 7 enfants qui vendront la maison en 1853 à Jean Daniel LOMBARD.

Se succèdent alors aux rênes de l’exploitation Jean Daniel, puis Louis Aristide et enfin Daniel LOMBARD. Famille protestante, ils sont inhumés « dans les champs », dans le cimetière qui se trouve encore sur la propriété comme dans beaucoup de domaines du Diois.

En 1910 les Moutiers sont cédés à Honoré de RICHAUD, issu d’une famille de vieille noblesse du Dauphiné. La famille avait perdu sa particule à la révolution, mais deux cousins, dont le père d’Honoré, se présentent devant le tribunal d’instance de Die et obtiennent la restitution de leur particule le 26 août 1863 pour eux et leurs descendants. Honoré, né en 1853, récupère donc cette particule et la transmet à son fils.

Édouard, fils d’Honoré, sa femme Hermine et son fils Georges disparu précocement à 17 ans sont inhumés dans le cimetière des Moutiers.

En 1969 Maurice POULET devint propriétaire des Moutiers de par sa femme Berthe de RICHAUD, dernière descendante de cette branche de la famille. Puis par héritage, elle arrive aux mains de Jean DECORSE, l’un des fondateurs de la cave Jaillance. Il restaure la maison en 1985/1990 pour lui donner son apparence actuelle et s’y installe pour quelques années.

On ne peut que remercier ces grandes familles d’avoir su bâtir, sauver, préserver et embellir cette belle bâtisse des Moutiers … en lui donnant de plus une âme et en lui forgeant une histoire que l’on prend plaisir à partager !

Danièle et Jacques LEBAILLIF

Chorale Chantequint

Chorale Chantequint

Dans la dernière feuille de Quint n°23, la chorale Chantequint a été évoquée par le biais de la recette de la tarte aux noix de Sylvie Poncet. Effectivement, pas un anniversaire ne passe à travers et c’est à chaque fois l’occasion pour tous de goûter les essais culinaires de chacun des choristes et surtout de profiter d’un bon moment de convivialité partagée. Mais, les choristes à St Julien ne se contentent pas de festoyer, ils chantent aussi de leur mieux, sans prétention exagérée , toujours dans la bonne humeur et surtout avec une envie de progresser tout en se faisant plaisir.

La chorale Chantequint existe depuis plusieurs décennies. Georges Francillon que tout le monde connaît dans la vallée a proposé un jour à certaines personnes du club du 3ème âge « Lou Quintou » qui aimaient chanter et qui avaient des prédispositions, de se retrouver chaque semaine afin de chanter ensembles et monter une petite chorale. Au fil du temps, un petit répertoire de chansons traditionnelles harmonisées simplement mais très joliment par Georges s’est mis en place. Petit à petit, des nouvelles voix venues non seulement de St Julien mais aussi de Ste Croix, de Ponet et de Die, se sont jointes à cette petite chorale qui a rajeuni, qui a grossi et a pu de ce fait se lancer dans des chants contemporains à trois voix. Des concerts ont pu aussi être envisagés non sans un certain tract dans les lieux du Diois tels que, le monastère de Ste Croix, le temple à Die, la Baume d’Agathe à Die, Luc en Diois pour la fête de la musique 2005, à Bourdeaux, invités par la chorale locale, le Lac Bleu à Châtillon et évidemment à St Julien pour les fêtes de la musique.

J’ai intégré pour ma part la chorale Chantequint il y a 20 ans et me suis retrouvé tout naturellement dans le pupitre des voix basses. J’ai une expérience de musicien mais la chorale c’était nouveau pour moi et j’ai eu un plaisir certain à me lancer dans cette belle aventure avec tous ces choristes de la vallée et d’ailleurs se retrouvant toutes les semaines pour chanter dans la bonne humeur sous la baguette de Georges qui, je le sais, consacrait énormément de son temps à élaborer des jolies partitions pour trois voix avec beaucoup de talent. En 2009, Georges, se sentant fatigué, m’a demandé de prendre le relais et a insisté pour me transmettre sa baguette, me voyant parmi tous les choristes comme son successeur évident ! Quelle lourde responsabilité, je ne m’étais pas du tout préparé à cette situation et ne me sentais pas du tout capable, malgré sa certitude, de succéder à notre chef de chœur. J’ai finalement accepté car c’était la seule solution pour pérenniser la Chorale Chantequint. Je ne regrette pas cette décision et je suis très fier de constater que les choristes ont toujours du plaisir à venir à St Julien chanter toutes les semaines. Une quinzaine de personnes de St Julien, de Ste Croix, de Die et même de Molière Glandaz se donnent rendez vous à la salle polyvalente le mardi à 20h15. Cette année, dans le cadre d’une aide du département auprès des chorales amateurs, deux chanteuses et musiciennes professionnelles sont venues assister à plusieurs répétitions pour nous enseigner, l’une, la technique vocale et l’autre, la direction de chœur. Ce fût très intéressant pour tous cette approche par un professionnel et cela a dynamisé notre chorale. Une très belle expérience ! En attendant la tournée des Zénith et le le stade de France, la chorale Chantequint se produira à l’occasion de la fête de l’école de St Julien le samedi 25 juin 2016. Nous chanterons aussi avec les enfants de l’école. Je voudrais dire pour conclure combien je suis heureux de diriger cette chorale de mon mieux et profite de l’occasion qui m’est donnée pour lancer à tous une invitation à nous rejoindre si vous voulez chanter pour le plaisir, dans la bonne humeur et goûter bien sûr les spécialités culinaires de chacun !!!. Si le cœur vous en dit, je vous attends au 04 75 21 21 43.

Musicamicalement

Guy Anton (chef de chœur)

Évolution de la population le long de la Sûre

Le pays de Quint semble avoir suivi le mouvement général d’accroissement de la population française jusque vers le milieu du XIXème siècle. Son enclavement lui a même assuré à cet égard quelques avantages par rapport à certaines autres régions du Diois. Placé en dehors des courants qui vont et viennent dans la vallée dé la Drôme, il a souvent connu la paix quand ses voisins subissaient la guerre. Le pays de Quint fût, pour ces raisons, un lieu de refuge pour les protestants. Vers la fin du XVème siècle il était une des « loges » où les pasteurs du Désert réunissaient leurs fidèles. Cette « tranquillité » permit vraisemblablement de maintenir la population en vie malgré guerres et famines, jusqu’à aboutir à une légère surpopulation, faute de ressources agricoles suffisantes. En 1698, Saint-Julien affirme que 45 familles sortent chaque année du pays « pour aller demander l’aumône ailleurs ou travailler pour gagner leur vie ».

Des documents issus de l’église protestante, très largement majoritaire au 17ème siècle, fait état de 710 habitants probables à Saint-Julien, 265 à Saint-Andéol – Saint-Etienne, 295 à Sainte-Croix, 110 à Vachères, soit près de 1400 personnes.

Les habitants de Quint étaient pour la plupart agriculteurs. La vie de tous les habitants du pays de Quint était intimement liée à l’élevage du mouton. Les animaux – on parlait alors de la race de Quint – étaient l’objet d’un commerce important. Ils se vendaient adultes à 1 an 1/2 ou 2 ans sur les marchés de Die, de Crest, aux foires de Saint-Nazaire-le-Désert, Beaufort ou à celle de Saint-Julien-on-Quint. La viande était réputée. Les maquignons du Midi venaient s’y approvisionner « pour les boucheries de Provence ». Enfin le mouton permettait aux habitants du pays de Quint de s’occuper l’hiver à la fabrication de draps. De tout temps, sans doute, on a suffi ainsi aux besoins locaux. Mais l’excédent des produits a fait naître le commerce. Quelques habitants déposaient les pièces de draps dont ils voulaient se défaire chez des négociants de Saint-Jean-en-Royans, Peyrus et Crest. Ceux-ci, à leur tour, ont conçu l’idée de faire tisser par les montagnards de la laine achetée par eux en Languedoc et en Provence. A Sainte-Croix s’était même organisée une fabrique de draps et ratines quelques années avant la Révolution : elle avait, en 1788, « une méchanique à carder la laine, 10 méchaniques à filer ayant 50 broches, 20 métiers batants ». Elle employait surtout des femmes, et distribuait du travail à domicile dans les villages voisins. Dans son rapport de 1790 au Directoire du département, l’Inspecteur des Manufactures, parlant de la fabrique de Sainte-Croix, affirme que ses propriétaires procurant du travail à plus de 500 personnes dans les environs, « fixaient dans leurs foyers des hommes, des femmes et des enfants qui auraient du « aumoner ».

Entre 1831, date probable du maximum démographique de population, et 1990, les 4 communes baignées par la Sûre vont toutefois perdre plus de 70 % de leurs habitants. Le phénomène est alors général aux massifs de moyenne montagne et leurs versants. Il est d’autant plus marqué qu’augmentent l’altitude, la difficulté d’accès ou la distance avec les villes.

L’essor des villes, le désenclavement du Diois et de la vallée de Quint, l’arrivée du train bouleversent l’économie et accélèrent l’exode rural. Quelques dates importantes :

1835 : les passages du claps et du col de Cabre sont ouverts

1854 : arrivée du du rail à Valence, 1871 : à Crest et 1885 à Die

1855 : ouverture de la cluze des tourettes, dernier obstacle de la route qui mène à la vallée de la Drôme

1892 : ouverture de la ligne de chemin de fer Die vers Aspres sur Buëch

L’ouverture des voies de communication a été, en général, pour les pays de montagne, comme une sollicitation à l’abandon de sols trop ingrats. Les habitants ont plus ou moins lentement glissé vers la plaine ou se sont laissés tenter par les brillantes apparences de la vie urbaine.

La guerre et l’essor des machines en sont d’autres raisons probables. L’industrie familiale disparut en effet à cette époque. Soit que certaines usines, touchées à mort par la Révolution et l’Empire, n’aient pu rouvrir, comme celle des Grangier à Sainte-Croix, soit que le machinisme ait amené les fabricants de Die et de Crest à ne plus distribuer de travail à domicile.

Beaucoup vont ainsi partir vers le Rhône (Lyon), le Vaucluse proche, les bouches du Rhône (Marseille) ou vers la région parisienne.

Même si les apports de populations extérieures sont ici assez anciens, le solde migratoire ne deviendra positif que depuis 1982. Comme dans tous les autres bassins de vie diois, l’apport de population extérieure est en effet notable depuis 30 ans, sous l’effet du tourisme et du développement d’une agriculture extensive.

C’est aujourd’hui la commune de St Andéol qui concentre l’accroissement le plus significatif en pourcentage, puisque le village a triplé sa population en moins de 15 ans. Beau challenge que de faire coexister ces nombreux arrivants avec la population locale. Mais cela est une autre histoire.

( ce texte est une compilation de plusieurs documents anciens trouvés au musée de Die et sur Internet)

JC Mengoni

Sainte-Croix : l’assainissement, chantier colossal pour un petit village !…

Sainte-Croix : l’assainissement, chantier colossal pour un petit village !…

Depuis quelques années, Sainte-Croix savait qu’un jour ou l’autre il faudrait en passer par là. La loi et la proximité de la rivière Drôme rendaient indispensable la mise en place d’un assainissement collectif pour le village.

Après plusieurs projets, quelques années de tergiversations et pressé par les exigences de respect des délais, décision a été prise de se lancer dans l’opération et d’installer une station dépuration écologique à lits filtrants plantés de roseaux sur la rive gauche de la Sûre, légèrement en amont du village. Le projet de raccordement comprend le village et le hameau des Guillots. Des subventions départementales ont été accordées et ont permis de matérialiser le projet, mais néanmoins le village a dû s’endetter pour faire face à cette dépense colossale.

Les travaux ont commencé l’hiver dernier par la mise en place du réseau d’assainissement dans le bas du village côté Sûre et tous les habitants de la vallée de Quint ont malheureusement subi les inconvénients d’une circulation rendue difficile par le chantier. Actuellement les stations de pompes de relevage et la station d’épuration sont en cours d’implantation et les pluies de cette fin de mai ne rendent pas les choses faciles.

Dans un 2ème temps, après l’été, c’est le haut du village qui sera raccordé amenant des difficultés de circulation dans le cœur même de notre petit bourg. Mais il faut bien que les travaux se fassent …

Alors prenons patience … et nous retrouverons notre village assaini, sans aucune odeur, des rivières la Sûre er la Drôme plus propres et des rues, calades et ruelles nivelées et goudronnées à neuf !