Spectacle de fin d’année à l’école de St-Julien !

Spectacle de fin d’année à l’école de St-Julien !

Cette année encore les Ptits Quintous (les élèves de l’école de St-Julien-en-Quint) ont le plaisir de vous inviter à leur spectacle de fin d’année !

Deux représentations sont prévues :

  • mardi 18/12 à 14h30, suivie d’un goûter partagé
  • jeudi 20/12 à 18h30, suivie d’un repas partagé

Au plaisir de vous y retrouver !

Le photomaton en action !
Feu de forêt à Sainte-Croix

Feu de forêt à Sainte-Croix

Cet été très sec a favorisé les départs de feu dans tout le département de la Drôme et Sainte-Croix n’y a pas échappé …

Le dimanche 29 juillet vers 19h30, le feu s’est déclaré sur les pentes raides des Tours de Quint sur le versant qui surplombe la Drôme. Un impressionnant nuage de fumée rouge est apparu et a rendu les habitants particulièrement inquiets en raison de la proximité de ce feu.

L’alerte a été donnée rapidement et le village a vu arriver un déploiement important de lutte contre l’incendie avec la venue de pompiers de diverses communes et du centre de secours de la vallée de la Drôme.Le parking de la mairie a accueilli le véhicule « poste de commandement », la salle communale a été ouverte pour permettre la mise en place de l’intendance de cette arrivée massive de pompiers. 70 hommes et une quinzaine de véhicules rouges et clignotants ont investi le village, le Pont et les champs situés au bas de la montagne, au-dessus le la cave Achard-Vincent …

L’accès au sinistre était très compliqué en raison du fort dénivelé de cette montagne à pic sur la Drôme et un kilomètre de tuyaux a dû être déroulé pour pouvoir atteindre les foyers rougeâtres visibles de la D93 à mi hauteur de la barre rocheuse. Les pompiers ont mis tout en œuvre pour que le feu ne se propage pas vers le versant ouest qui domine le village.

Vers 23h le feu était sous contrôle, mais une surveillance de l’ensemble de la montagne s’est avérée nécessaire. Des lampes torches sillonnant le massif ont été vues toute la nuit à la recherche de nouveaux départs de feu. Un chasseur connaissant parfaitement la zone, a accompagné les pompiers dans ces rondes.

La surveillance s’est poursuivi le lundi toute la journée. Lundi en fin d’après midi le poste de commandement est reparti sur Valence et le mardi à 10h les tuyaux ont été retirés de la zone.

Les camions de pompiers en surveillance au pont

Mais l’aventure n’était pas terminée. Le même jour vers 11h des flammes étaient à nouveau visibles au même endroit que le 1er départ de feu et une 2ème alerte a été lancée. Le poste de commandement à peine de retour à Valence est immédiatement reparti. La décision fut alors prise de lancer une intervention de Canadair Pélican. Deux Canadair ont donc survolé le site sinistré et déversé leur cargaison d’eau pour éteindre définitivement ce nouvel incendie et Sainte-Croix a pu enfin retrouver sa sérénité.

Départs de feu accidentels ou volontaires, nous n’avons jamais eu écho des résultats de l’enquête confiée aux gendarmes de Die …

Danièle LEBAILLIF

Histoire de “l’ancienne épicerie de Sainte-Croix”

Histoire de “l’ancienne épicerie de Sainte-Croix”

Cela fera bientôt 10 ans que j’ai choisi d’habiter Ste-Croix, le village de mes grands-parents paternels, où j’y ai fait restaurer une habitation dans une des parties qu’occupaient mes ancêtres.

Hors, il se trouve que la chambre qui donne sur la terrasse avec les 3 marches était « L’Épicerie » que tenait la grand-mère maternelle de mon papa (photo n°1). Quelques rares habitants s’en souviennent encore ! Je vais vous raconter…..

Un peu avant 1912, Marie-Madeleine (née Aubert en 1868 ) originaire de Monclar-sur-Gervane, et Jean-Baptiste Thomé son époux (né en 1864), originaire d’Aurel, habitaient Tourette sur la route de Vachères en Quint (ou résident actuellement Mr et Mme Wartena).

C’était une petite propriété. Mon aïeul allait travailler tous les hivers à l’usine de soie à Sainte Croix que l’on appelait « La Fabrique». Il fallait désabler «  la roue à pêche » ( ou ‘roue de pêche’ , ‘roue à augets’ ) alimentée par un canal qui venait de La Sûre. Mais comme il devait travailler dans l’eau très froide…. Il est alors tombé malade… Ne pouvant subvenir à sa famille, c’est là que Mme Thomé (maîtresse femme parait-il) eut l’idée d’acheter un gros morceau de gruyère qu’elle détaillait ensuite aux gens du village. A cette époque il était courant qu’une personne fasse venir un produit qu’ensuite elle détaillait aux voisins. Madame Lagier habitant en haut du village vendait du vinaigre (souvenir de mon père Robert Bellier) et, de la « Toile Souveraine » par morceaux ! (souvenir de mon oncle Michel). On l’utilisait pour mettre sur les plaies qui ne guérissaient pas.1

C’est ainsi que peu à peu, elle a « monté » son épicerie. Car après le morceau de gruyère, c ’ e s t l a r o u e e n t i è r e  !! ….. Et, tout a suivi …..

Un courrier de Juin 1912 d’un Établissements Alimentaires RUIZAND frères et René SALLES de Crest annonce l’avis de passage par le train, de leur Voyageur Mr. Noel Boisset pour venir « INSTALLER LE MAGASIN. Nous pouvons donc dater « le début » de ce commerce à Ste croix avec précision. 

Dans l’Epicerie, la porte (d’origine) sur la droite permettait d’accéder à la pièce de vie par des escaliers. Mais comment être averti quand le client rentrait ?… Heureusement, Georges Leclanché avait breveté « la Pile Leclanché » en 1866 et mis au point en 1867 la première pile au dioxyde de manganèse (voir photo).

Ainsi mes astucieux ancêtres se sont servis de cette découverte pour fabriquer « leur propre pile » système D… Quand un client ouvrait la porte de l’épicerie, il mettait en contact deux lames en cuivre qui actionnaient la sonnette. Mon père et mon oncle se rappellent avoir entendu parler de 3 ou 4 bocaux de sulfate d’ammoniaque placés sur une étagère à droite de l’entrée, dans lesquels se trouvait une bougie en céramique poreuse et du charbon. 2 fils reliés l’un à la porte et l’autre à la sonnette avec suffisamment de voltage faisaient retentir la sonnette !

Son mari Jean-Baptiste continuait à s’occuper de la petite propriété à Tourette, et entre autres d’une vache. Ils ne buvaient que le petit lait car le beurre…… c’était pour vendre ! …

Quand il rentrait retrouver sa femme, de temps en temps (je suppose !), de Tourette à Sainte-Croix, «on l’entendait arriver de loin !»…d’après Amédé Grangeron … car il se déplaçait en Vélocipède (très grande roue devant avec pédales et petite roue derrière). Cet engin ne passait pas inaperçu, cerclé de fer… sur les chemins de l’époque … !!! Ce vélocipède, c’est Ludovic Aubert, très

bon forgeron reconnu comme artiste dans son travail, qui l’avait fabriqué.

Au fur et à mesure, l’épicerie prenait de l’ampleur. Elle desservait les environ, la vallée de Quint jusqu’à Pontaix. Quelques fois des clientes s’arrêtaient, empruntaient le chemin de la famille Monier (non clôturé à l’époque, permettant l’accès à la fontaine de « Fon rosa »), pour dire bonjour en laissant leur vélo sur le bas- côté de la route de Saint- Julien. Elles buvaient du café ou, mangeaient parfois un morceau…

Même après la fermeture de l’épicerie, cela a continué … Mme Raillon de Vachères-en-Quint venait souvent dire bonjour à ma grand-mère Ida Bellier qui continuait à aider son papa à tenir l’épicerie, suite à la disparition de sa maman âgée de 61 ans ! Et, même après…

Jean-Baptiste Thomé a vendu le stock de l’épicerie dans l’année 1933 à son neveu Aubert en bas, (ou habitait Irène Laudet) au carrefour de la route de St Julien et de la route qui traverse le village, pour une somme dérisoire… Année de la fin de l’histoire car il n’y a plus rien d’écrit dans les cahiers !

C’est en 1935, qu’Il est parti rejoindre sa femme dix ans après…

Étant petite, je venais dans cette épicerie Aubert avec ma sœur, acheter des bonbons à 1 centime (des anciens francs). Je me rappelle du tintement de la sonnette de la porte d’entrée!…

C’est seulement en décidant d’écrire cet article que j’ai « plongé » dans cette caisse poussiéreuse chargée d’histoire ! J’y ai retrouvé des documents inattendus, et, entre autre des cahiers de ventes journalières, de caisses et une petite partie des comptes clients.

Curieuse et amusée, c’est ainsi que j’ai pris connaissance de ce patrimoine familial ! Merci à mon père 88 ans et mon oncle Michel – bientôt 85 ans-, pour leurs précieux renseignements.

J’ai découvert page après page les marchandises que notre aïeule vendait aux familles, qui, a cette époque, faisaient souvent marquer et payaient … « quand l’argent rentrait » !

Je dois vous avouer qu’à mon grand étonnement, en ouvrant les livres de comptes ….. « iI y a encore vos ancêtres qui ont une ardoise ! »……. Mais rassurez-vous, dormez en paix !… Il y a  « p r e s c r i p t i o n » ! ….

Marie-Madeleine achetait des bonbons « la pie qui chante » (encore d’actualité !) à un représentant de commerce. Elle vendait même de « la Piquette ». Ce breuvage se faisait avec du sucre et de l’eau que l’on rajoutait dans la cuve d’où l’on venait de tirer le vin (rapporté par mon oncle). On pouvait acheter des «surprises »… de la viande de chèvre,(qui n’avait pas eu de chevreaux !)…

Et, en parcourant les quelques factures, quelle ne fut pas ma surprise de constater le nombre de fournisseurs !! Mais comment s’y prenait-elle pour tout « caser »  dans une pièce d’environ 23 m² ?

J’ai pu comptabiliser 15 fournisseurs avec les seules enveloppes de la caisse. Mais je n’ai pas feuilleté toutes les factures reliées (avec de la bonne ficelle). Voici donc quelques exemples de fournisseurs : Fromages Farges de Thiezac , Denrées Coloniales Louis Combe (Morue, eau de fleur d’oranger), Mercerie Bonneterie R. Ditisheim (bas, fil chinois..), Giliberts Tezier (pâtes alimentaires..), Henri Martel (salaisons conserves), Magasin de la Tour Crest (Malt, vermicelles, coquillettes..), Comptoir Général de l’espadrille (Sandale Regun), Chocolat Castan, Biscuiterie confiserie Usclat et Romieu, Ste Géo (saucissons), Ste Le Gourmet (jambon), Entrepôts Généraux du sud Est ( café, végétaline, sucre, petits beurre, pieds paquets, lessive Chaix, gruyère trefle), Confiserie des Alpes (bte petits caramels, lait poudrés, Montplaisir, dragées blanches, bte grosses bombes espagnoles, bte bois réglisse ankara), Chocolat Pupier ( pupier bleu, paquets brabant au lait, bâtons Le Provençal), Lantheaume –Blain (faïence populaire cristaux, casseroles, terrines, vases de nuit, verres de lampes … Ceci n’est pas une liste exhaustive …

La caisse est refermée … avec tous les souvenirs qu’elle a fait revivre et découvrir pour les générations qui suivent.

Qu’est devenue cette pièce ? …

Elle a servi un temps pour l’élevage de vers à soie ce qui se pratiquait bien à l’époque… Il y avait également un extracteur à miel pour les besoins de la famille.

C’est aussi la pièce que mes parents jeunes mariés (mai 1952), ont habitée, en transformant l’accès à l’autre pièce, en placard… Quelques mois après je montrais mon bout de nez à Die à l’hôpital.

J’y ai dormi plus tard…. l’année des premiers pas sur la lune 1969 ! Quel contraste ! L’un sur la lune, et moi qui découvrait un matelas’ bruyant’ en feuilles de maïs ! Et oui : bientôt 10 ans que l’Ancienne Epicerie est devenue ma 2eme chambre, chargée d’histoires, et d’anecdotes !

Profitons de nos Anciens pour « Récolter » pendant qu’il en est encore temps !

A bientôt peut être…. dans » la Feuille de Quint ».

Francine Bellier

Sainte-Croix – juin 2016

1 « Toile souveraine », « Toile Miraculeuse », où  Toile de l’Abbé Eugène Bertrand : Curé de Certilleux (Vosges) qui durant 53 ans a guéri et soulagé de nombreux malades de 1893 à 1946. (source : article de Jean Palaiseul sur internet : latoilemiraculeue.free.fr/votresante.pdf)

Histoire de maison : Aujourd’hui Les Moutiers

Histoire de maison : Aujourd’hui Les Moutiers

Installés depuis plus de 30 ans en Alsace, nous avions l’intention de retrouver des contrées plus clémentes dès que la retraite nous le permettrait. Nous avons cherché pendant 2 ans un site accueillant qui nous permettrait de donner jour à nos projets, visitant ainsi le Vaucluse, puis la Drôme provençale. Mais la déception était rude, que de vent, que de bruit, que de nuisances, que de monde …

Et un jour nous avons découvert Les Moutiers.

Ce fut comme un aboutissement … La maison collait à nos projets, par son esthétique, sa grandeur, sa position à flanc de coteaux, ses différentes terrasses, sa vue magnifique sur le village de Ste-Croix et en arrière plan sur les 3 Becs. Le coup de foudre !

Et l’enthousiasme est toujours là. Après avoir investi et créé nos deux gîtes ruraux, nous prenons plaisir à accueillir nos vacanciers dans ce petit havre de paix et à essayer de répondre à leurs nombreuses questions sur notre maison qui ne les laisse pas indifférents.

Nous avons donc écouté les anciens du village et fait des recherches dans l’état civil et le cadastre … Nous avons ainsi découvert qu’au fil des années le nom du domaine est passé de Mottier (1809) à Motier(1827), puis à Moutier (1878) et enfin à Moutiers (1888). Ce nom vient du vieux français môti, môttier, moutier, moustier qui est synonyme de « monastère ».

Et en effet, il nous a été raconté par les anciens que le nom Moutiers viendrait du fait que la maison aurait été construite sur les ruines d’un petit monastère qui, dans des temps fort lointains, aurait accueilli des lépreux.

C’est possible … car le monastère de Sainte-Croix est tenu par les Antonins du XIIIème au XVème siècle. Cet ordre s’est spécialisé dans les soins apportés aux malades atteints du « mal des ardents ». Cette maladie est due à l’ingestion de pain de seigle contaminé par un parasite, l’ergot du seigle. Ses symptômes sont très proches de ceux de la lèpre et il est probable qu’à cette époque les malades affluaient au monastère pour bénéficier de la clémence de Saint Antoine et des bons soins des moines …

Ceux-ci ont su très tôt faire la différence entre le « mal des ardents » non contagieux et la lèpre très contagieuse et il est probable que les malades atteints du mal des ardents étaient soignés près du monastère et que ceux atteints de la lèpre étaient orientés vers un endroit plus éloigné afin d’éviter tout contact. Mottier, à 800m du village et du monastère, isolé par la Sûre, pouvait fort bien être un petit moutier annexe au grand monastère de Ste-Croix et destiné à recevoir les incurables contagieux …

Mais à ce jour nous n’avons trouvé aucunes traces écrites de ces affirmations et suppositions …

Nous ne savons pas de quand date la maison. On a retrouvé la date de 1742 gravée dans la pierre, mais une chose est sure, la maison est déjà présente au cadastre de Napoléon de 1824 et dans les plans au sol toujours actuels. Elle appartient alors à la famille SIBOURD (Sibourg, Sibourd ou Sibour, selon les actes d’état civil de l’époque) et a pour nom Mottier. Les Sibourd, Augustin et Elizabeth, née Borel, étaient de Saint-Sauveur en Diois et sont arrivés à Sainte-Croix vers 1768 car cette année là nous trouvons la naissance de leur fils Augustin dans les registres de Sainte-Croix alors qu’il n’y a pas trace dans ces mêmes registres de la naissance des 2 frères aînés en 1765 et 1766. Cinq fils et une fille naîtront encore dans cette famille de 9 enfants.

La famille vit à Mottier trois générations avec Augustin et Elizabeth (Borel) et leurs 9 enfants, puis Pierre et Dimanche (Aurand) et leurs 7 enfants qui vendront la maison en 1853 à Jean Daniel LOMBARD.

Se succèdent alors aux rênes de l’exploitation Jean Daniel, puis Louis Aristide et enfin Daniel LOMBARD. Famille protestante, ils sont inhumés « dans les champs », dans le cimetière qui se trouve encore sur la propriété comme dans beaucoup de domaines du Diois.

En 1910 les Moutiers sont cédés à Honoré de RICHAUD, issu d’une famille de vieille noblesse du Dauphiné. La famille avait perdu sa particule à la révolution, mais deux cousins, dont le père d’Honoré, se présentent devant le tribunal d’instance de Die et obtiennent la restitution de leur particule le 26 août 1863 pour eux et leurs descendants. Honoré, né en 1853, récupère donc cette particule et la transmet à son fils.

Édouard, fils d’Honoré, sa femme Hermine et son fils Georges disparu précocement à 17 ans sont inhumés dans le cimetière des Moutiers.

En 1969 Maurice POULET devint propriétaire des Moutiers de par sa femme Berthe de RICHAUD, dernière descendante de cette branche de la famille. Puis par héritage, elle arrive aux mains de Jean DECORSE, l’un des fondateurs de la cave Jaillance. Il restaure la maison en 1985/1990 pour lui donner son apparence actuelle et s’y installe pour quelques années.

On ne peut que remercier ces grandes familles d’avoir su bâtir, sauver, préserver et embellir cette belle bâtisse des Moutiers … en lui donnant de plus une âme et en lui forgeant une histoire que l’on prend plaisir à partager !

Danièle et Jacques LEBAILLIF

Chorale Chantequint

Chorale Chantequint

Dans la dernière feuille de Quint n°23, la chorale Chantequint a été évoquée par le biais de la recette de la tarte aux noix de Sylvie Poncet. Effectivement, pas un anniversaire ne passe à travers et c’est à chaque fois l’occasion pour tous de goûter les essais culinaires de chacun des choristes et surtout de profiter d’un bon moment de convivialité partagée. Mais, les choristes à St Julien ne se contentent pas de festoyer, ils chantent aussi de leur mieux, sans prétention exagérée , toujours dans la bonne humeur et surtout avec une envie de progresser tout en se faisant plaisir.

La chorale Chantequint existe depuis plusieurs décennies. Georges Francillon que tout le monde connaît dans la vallée a proposé un jour à certaines personnes du club du 3ème âge « Lou Quintou » qui aimaient chanter et qui avaient des prédispositions, de se retrouver chaque semaine afin de chanter ensembles et monter une petite chorale. Au fil du temps, un petit répertoire de chansons traditionnelles harmonisées simplement mais très joliment par Georges s’est mis en place. Petit à petit, des nouvelles voix venues non seulement de St Julien mais aussi de Ste Croix, de Ponet et de Die, se sont jointes à cette petite chorale qui a rajeuni, qui a grossi et a pu de ce fait se lancer dans des chants contemporains à trois voix. Des concerts ont pu aussi être envisagés non sans un certain tract dans les lieux du Diois tels que, le monastère de Ste Croix, le temple à Die, la Baume d’Agathe à Die, Luc en Diois pour la fête de la musique 2005, à Bourdeaux, invités par la chorale locale, le Lac Bleu à Châtillon et évidemment à St Julien pour les fêtes de la musique.

J’ai intégré pour ma part la chorale Chantequint il y a 20 ans et me suis retrouvé tout naturellement dans le pupitre des voix basses. J’ai une expérience de musicien mais la chorale c’était nouveau pour moi et j’ai eu un plaisir certain à me lancer dans cette belle aventure avec tous ces choristes de la vallée et d’ailleurs se retrouvant toutes les semaines pour chanter dans la bonne humeur sous la baguette de Georges qui, je le sais, consacrait énormément de son temps à élaborer des jolies partitions pour trois voix avec beaucoup de talent. En 2009, Georges, se sentant fatigué, m’a demandé de prendre le relais et a insisté pour me transmettre sa baguette, me voyant parmi tous les choristes comme son successeur évident ! Quelle lourde responsabilité, je ne m’étais pas du tout préparé à cette situation et ne me sentais pas du tout capable, malgré sa certitude, de succéder à notre chef de chœur. J’ai finalement accepté car c’était la seule solution pour pérenniser la Chorale Chantequint. Je ne regrette pas cette décision et je suis très fier de constater que les choristes ont toujours du plaisir à venir à St Julien chanter toutes les semaines. Une quinzaine de personnes de St Julien, de Ste Croix, de Die et même de Molière Glandaz se donnent rendez vous à la salle polyvalente le mardi à 20h15. Cette année, dans le cadre d’une aide du département auprès des chorales amateurs, deux chanteuses et musiciennes professionnelles sont venues assister à plusieurs répétitions pour nous enseigner, l’une, la technique vocale et l’autre, la direction de chœur. Ce fût très intéressant pour tous cette approche par un professionnel et cela a dynamisé notre chorale. Une très belle expérience ! En attendant la tournée des Zénith et le le stade de France, la chorale Chantequint se produira à l’occasion de la fête de l’école de St Julien le samedi 25 juin 2016. Nous chanterons aussi avec les enfants de l’école. Je voudrais dire pour conclure combien je suis heureux de diriger cette chorale de mon mieux et profite de l’occasion qui m’est donnée pour lancer à tous une invitation à nous rejoindre si vous voulez chanter pour le plaisir, dans la bonne humeur et goûter bien sûr les spécialités culinaires de chacun !!!. Si le cœur vous en dit, je vous attends au 04 75 21 21 43.

Musicamicalement

Guy Anton (chef de chœur)

Évolution de la population le long de la Sûre

Le pays de Quint semble avoir suivi le mouvement général d’accroissement de la population française jusque vers le milieu du XIXème siècle. Son enclavement lui a même assuré à cet égard quelques avantages par rapport à certaines autres régions du Diois. Placé en dehors des courants qui vont et viennent dans la vallée dé la Drôme, il a souvent connu la paix quand ses voisins subissaient la guerre. Le pays de Quint fût, pour ces raisons, un lieu de refuge pour les protestants. Vers la fin du XVème siècle il était une des « loges » où les pasteurs du Désert réunissaient leurs fidèles. Cette « tranquillité » permit vraisemblablement de maintenir la population en vie malgré guerres et famines, jusqu’à aboutir à une légère surpopulation, faute de ressources agricoles suffisantes. En 1698, Saint-Julien affirme que 45 familles sortent chaque année du pays « pour aller demander l’aumône ailleurs ou travailler pour gagner leur vie ».

Des documents issus de l’église protestante, très largement majoritaire au 17ème siècle, fait état de 710 habitants probables à Saint-Julien, 265 à Saint-Andéol – Saint-Etienne, 295 à Sainte-Croix, 110 à Vachères, soit près de 1400 personnes.

Les habitants de Quint étaient pour la plupart agriculteurs. La vie de tous les habitants du pays de Quint était intimement liée à l’élevage du mouton. Les animaux – on parlait alors de la race de Quint – étaient l’objet d’un commerce important. Ils se vendaient adultes à 1 an 1/2 ou 2 ans sur les marchés de Die, de Crest, aux foires de Saint-Nazaire-le-Désert, Beaufort ou à celle de Saint-Julien-on-Quint. La viande était réputée. Les maquignons du Midi venaient s’y approvisionner « pour les boucheries de Provence ». Enfin le mouton permettait aux habitants du pays de Quint de s’occuper l’hiver à la fabrication de draps. De tout temps, sans doute, on a suffi ainsi aux besoins locaux. Mais l’excédent des produits a fait naître le commerce. Quelques habitants déposaient les pièces de draps dont ils voulaient se défaire chez des négociants de Saint-Jean-en-Royans, Peyrus et Crest. Ceux-ci, à leur tour, ont conçu l’idée de faire tisser par les montagnards de la laine achetée par eux en Languedoc et en Provence. A Sainte-Croix s’était même organisée une fabrique de draps et ratines quelques années avant la Révolution : elle avait, en 1788, « une méchanique à carder la laine, 10 méchaniques à filer ayant 50 broches, 20 métiers batants ». Elle employait surtout des femmes, et distribuait du travail à domicile dans les villages voisins. Dans son rapport de 1790 au Directoire du département, l’Inspecteur des Manufactures, parlant de la fabrique de Sainte-Croix, affirme que ses propriétaires procurant du travail à plus de 500 personnes dans les environs, « fixaient dans leurs foyers des hommes, des femmes et des enfants qui auraient du « aumoner ».

Entre 1831, date probable du maximum démographique de population, et 1990, les 4 communes baignées par la Sûre vont toutefois perdre plus de 70 % de leurs habitants. Le phénomène est alors général aux massifs de moyenne montagne et leurs versants. Il est d’autant plus marqué qu’augmentent l’altitude, la difficulté d’accès ou la distance avec les villes.

L’essor des villes, le désenclavement du Diois et de la vallée de Quint, l’arrivée du train bouleversent l’économie et accélèrent l’exode rural. Quelques dates importantes :

1835 : les passages du claps et du col de Cabre sont ouverts

1854 : arrivée du du rail à Valence, 1871 : à Crest et 1885 à Die

1855 : ouverture de la cluze des tourettes, dernier obstacle de la route qui mène à la vallée de la Drôme

1892 : ouverture de la ligne de chemin de fer Die vers Aspres sur Buëch

L’ouverture des voies de communication a été, en général, pour les pays de montagne, comme une sollicitation à l’abandon de sols trop ingrats. Les habitants ont plus ou moins lentement glissé vers la plaine ou se sont laissés tenter par les brillantes apparences de la vie urbaine.

La guerre et l’essor des machines en sont d’autres raisons probables. L’industrie familiale disparut en effet à cette époque. Soit que certaines usines, touchées à mort par la Révolution et l’Empire, n’aient pu rouvrir, comme celle des Grangier à Sainte-Croix, soit que le machinisme ait amené les fabricants de Die et de Crest à ne plus distribuer de travail à domicile.

Beaucoup vont ainsi partir vers le Rhône (Lyon), le Vaucluse proche, les bouches du Rhône (Marseille) ou vers la région parisienne.

Même si les apports de populations extérieures sont ici assez anciens, le solde migratoire ne deviendra positif que depuis 1982. Comme dans tous les autres bassins de vie diois, l’apport de population extérieure est en effet notable depuis 30 ans, sous l’effet du tourisme et du développement d’une agriculture extensive.

C’est aujourd’hui la commune de St Andéol qui concentre l’accroissement le plus significatif en pourcentage, puisque le village a triplé sa population en moins de 15 ans. Beau challenge que de faire coexister ces nombreux arrivants avec la population locale. Mais cela est une autre histoire.

( ce texte est une compilation de plusieurs documents anciens trouvés au musée de Die et sur Internet)

JC Mengoni

Sainte-Croix : l’assainissement, chantier colossal pour un petit village !…

Sainte-Croix : l’assainissement, chantier colossal pour un petit village !…

Depuis quelques années, Sainte-Croix savait qu’un jour ou l’autre il faudrait en passer par là. La loi et la proximité de la rivière Drôme rendaient indispensable la mise en place d’un assainissement collectif pour le village.

Après plusieurs projets, quelques années de tergiversations et pressé par les exigences de respect des délais, décision a été prise de se lancer dans l’opération et d’installer une station dépuration écologique à lits filtrants plantés de roseaux sur la rive gauche de la Sûre, légèrement en amont du village. Le projet de raccordement comprend le village et le hameau des Guillots. Des subventions départementales ont été accordées et ont permis de matérialiser le projet, mais néanmoins le village a dû s’endetter pour faire face à cette dépense colossale.

Les travaux ont commencé l’hiver dernier par la mise en place du réseau d’assainissement dans le bas du village côté Sûre et tous les habitants de la vallée de Quint ont malheureusement subi les inconvénients d’une circulation rendue difficile par le chantier. Actuellement les stations de pompes de relevage et la station d’épuration sont en cours d’implantation et les pluies de cette fin de mai ne rendent pas les choses faciles.

Dans un 2ème temps, après l’été, c’est le haut du village qui sera raccordé amenant des difficultés de circulation dans le cœur même de notre petit bourg. Mais il faut bien que les travaux se fassent …

Alors prenons patience … et nous retrouverons notre village assaini, sans aucune odeur, des rivières la Sûre er la Drôme plus propres et des rues, calades et ruelles nivelées et goudronnées à neuf !

Ça c’est passé ce printemps dans la vallée

Ça c’est passé ce printemps dans la vallée

Ça c’est passé à St-Andéol : La 3eme fête des enfants – dont le thème était les bonbons – a été organisée cette année conjointement par les associations FarAndéol et Valdec’Quint. Chose plutôt rare en ce mois de mai, un franc soleil nous avait fait l’honneur de sa présence aux côtés de 50 enfants et leurs parents. Tous ont englouti 20 kg de frites, le pain cuit au four à bois, des gâteaux, des bonbons et pas mal de jus. Merci aux bénévoles qui ont préparé, organisé, décoré, maquillé. Merci également à la mairie, à Jean-Luc, notre boulanger d’un jour. On s’est régalé ! Rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle édition, avec – nous l’espérons – le concours des habitants, des parents et des associations de St Julien. Pour que la fête soit celles de tous les enfants ET de leurs parents !

Repas de chasse à Ste-Croix: Comme chaque année en mai se déroule à Sainte-Croix un grand repas de chasse qui a lieu un dimanche midi pour le bonheur de tous. Cette année c’était le 22 mai et tous les organisateurs, membres de l’association de chasse, étaient sur les dents.

En arrivant vous êtes accueilli par un agréable fumet de viande grillée qui vous fait saliver et vous met en appétit. Dix chevreuils sont en effet mis sur broche et tournent depuis 7h le matin devant un feu de bois géré avec maestria par les organisateurs. Et ce n’est pas de tout repos car, pour que la viande soit bonne, elle doit tourner des heures devant un feu doux et constant et chacun se relaye pour arroser les bêtes avec de longues cuillères. C’est le fait que l’arrosage soit continu et régulier qui fait que la viande devient moelleuse à souhait, m’a-t-on dit. Mais alors quel régal !…

Au menu : Duo de terrine de chamois et de terrine de sanglier / Rôti de chevreuil accompagné de petits pois / Fromage et glaces

150 convives ont partagé ce moment convivial dans la joie et la bonne humeur malgré un vent violent et un temps qui se chargeait peu à peu. Ce qui n’a pas empêché les amateurs de pétanque et autres jeux de boules de s’adonner à leur passion au cours de l’après-midi.

Merci aux organisateurs qui n’ont pas ménagé leur peine pour offrir une fois de plus à leurs convives un repas de qualité dans une ambiance champêtre. Nous leur souhaitons encore de beaux mois de mai festifs …

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Édito

Encore une feuille de Quint où Ste Croix est à l’honneur, fruit de 2 rédactrices qui « en veulent ». Francine termine son témoignage sur l’épicerie de Ste Croix par ces mots : « Profitons de nos Anciens pour « Récolter » pendant qu’il en est encore temps ! ». C’est bien de cela qu’il s’agit. C’était bien l’objectif de la feuille de Quint née il y a plusieurs années : mettre sur papier la mémoire des personnes qui y habitent et celles qui y demeuraient jadis, au-delà des origines et des clivages. J’ai un espoir. Que l’article de Francine et celui de Danielle donnent des idées à d’autres pour immortaliser un bout de notre mémoire locale. Passez un bon été.

JC Mengoni

Comptines

Coup de blues

Un coq mélancolique

Arpentait son enclos

Son âme poétique

Ne trouvait point d’écho.

Alors, le cœur gros,

Il lança son Cocorico !

Et… oh ! ont fleuri illico

De beaux coquelicots.

Jujubes et jalousie J – Ge

Un jour un geai jugea judicieux

De déjeuner de jujubes et de courgettes

Au jardin de Juliette.

Le jars, toujours jaloux du geai

Se jeta sur les aubergines

Du verger de Justine.

Justine et Juliette ont fort morigéné

Jars et geai qui ont juré

De ne jamais jamais recommencer !

Paix royale U

Dans son tutu de tulle

Assise sous un saule

Une libellule fait des bulles.

C’est Ursule.

Le saule ondule

Et puis sourit

Le corbeau crie :

« Une libellule qui fait des bulles

Mais, c’est ridicule ! »

Telle une mule

Têtue

De ce tumulte

Ursule n’a cure

Elle fait ses bulles

De libellule.

Au crépuscule Ursule eut froid

Elle enfila un pull

Un pull à petits pois.

Le corbeau en resta coi.

Ruches et abeilles le long de la Sûre

Ruches et abeilles le long de la Sûre

En se promenant dans notre vallée, on aperçoit de plus en plus de ruchers, petits et grands. Même si autrefois, la plupart des familles élevaient des abeilles, souvent dans des troncs creux, le nombre d’apiculteurs avait diminué largement ces quelques dernières décennies. La prise de conscience du rôle des abeilles dans la biodiversité a depuis peu poussé des habitants – parfois très amateurs comme moi – à rejoindre les apiculteurs chevronnés. Nous irons à la rencontre de quelques-uns d’entre-eux dans le prochain n° de la feuille de Quint. En attendant, faisons connaissance avec cet animal extraordinaire.

Un corps ingénieux

Rien que l’étude de leur corps, de leurs récoltes et de leurs transformations démontre l’ingéniosité de ces petites bêtes. Voyez plutôt. La lèvre inférieure, velue, s’allonge au cours de la quête. Elle est parcourue par un sillon qui forme un tube d’aspiration pour récolter les nectars. Les antennes, organes sensitifs d’une subtilité aiguë, captent les sons et les odeurs. Elles sont à la fois l’ouïe, l’odorat et le toucher. Le thorax sert d’attache aux quatre ailes membraneuses, légères et horizontales au repos. Les pattes postérieures chez l’ouvrière sont munies de cavités ou corbeilles pour l’emmagasinage du pollen et son transport. Outre le miel issu du nectar des fleurs, qui nourrira la ruche pendant l’hiver, les abeilles amassent le pollen, qu’elles agglomèrent en pelotes jaunâtres dans la “corbeille” de leurs pattes arrière. Le pollen, également appelé “pain des abeilles” est réservé aux ouvrières et aux faux bourdons, qui en consomment près de 25 kg par an et par ruche. Le corps des butineuses se couvre de pollen lors du passage de fleur en fleur. Il sera ainsi déposé sur le pistil des fleurs femelle. Ce phénomène, appelé pollinisation, est à la base de l’apparition des fruits. Autre transformation magique des abeilles, la gelée royale est réservée à certaines larves destinées à devenir ces infatigables faiseuses de vie que sont les reines. La gelée royale est un miel savamment fabriqué, enrichi d’hormones et de vitamines. Grâce à une pré-digestion profonde, les nourrices spécialisées élaborent cette substance exceptionnelle qui permettra à l’unique mère de la ruche de vivre plus de trois ou quatre ans, alors que l’ouvrière succombe vers huit mois, dans les cas les plus favorables.

Une organisation étonnante

Les abeilles sont vraiment fascinantes. Leurs fonctions changent dans le temps. Les deux premiers jours qui suivent leur naissance, les abeilles sont affectées au nettoyage des cellules. Du 2e au 11e jour de vie, elles nourrissent les larves, prennent soin du couvain et de la reine. Du 11e au 20e jour, elles assurent la réception du nectar à l’entrée de la ruche, gèrent le stockage du pollen, évacuent les déchets vers l’extérieur et se chargent de bâtir les alvéoles de cire et de les polir. Au-delà du 20e jour, elles deviennent butineuses et ont la charge d’approvisionnement. La ruche abrite jusqu’à 80 000 ouvrières en mai et juin, toutes sœurs et filles de la reine. Sa production annuelle peut atteindre 40 kilos de miel par an. La reine a pour unique mission de pondre jour et nuit. A la belle saison, elle pond au rythme infernal, mais nécessaire, d’un œuf par minute, soit près de 2000 œufs par jour.

Quand une abeille découvre une source de pollen ou de nectar et veut prévenir ses sœurs, elle ne fait pas de long discours. Une petite danse suffit. Elle attire les autres butineuses, offrant quelques gouttes de son nectar récolté. Puis, par un frétillement, elle décrit un huit dont l’inclinaison par rapport au soleil indique l’angle de vol qu’il faut maintenir. Plus la danse est rapide, plus la récolte s’annonce abondante. Les butineuses reçoivent le message et s’envolent séance tenante. Les butineuses meurent après quelques jours et plusieurs centaines de km parcourus.

Les plantes utiles

Toutes les plantes produisent du pollen. Seules les plantes appelées « mellifères » produisent du nectar ou du miellat, substances à partir desquelles les abeilles fabriquent le miel. Si vous possédez un jardin, ou même simplement quelques jardinières sur un balcon ou un rebord de fenêtre, plantez et cultivez des espèces mellifères. Vous participerez ainsi à la vie des colonies. La présence des abeilles favorisera la pollinisation des arbres fruitiers et plantes potagères. Les espèces rustiques et les fleurs sauvages sont souvent plus riches en pollen et nectar que les fleurs sophistiquées. N’hésitez pas à laisser croître dans une portion de votre jardin les « mauvaises herbes » : pissenlit, ortie, achillée, serpolet, pâquerettes, sainfoin… Vous pouvez aussi semer des mélanges de fleurs des prés, trèfle, bleuet, coquelicot, luzerne, qui composent de très jolis tapis colorés.

Les abeilles aiment, comme nous, le verger et le potager ! Elles se régalent entre autres des fleurs de légumes comme les courges et les tomates ainsi que de toutes les aromatiques : thym, romarin, menthe, sauge, mauve, verveine, bourrache, marjolaine (ou origan), camomille… En n’oubliant pas la lavande qui fleurit en été. Les fruitiers leur apportent de la nourriture. Certains en hiver comme le noisetier. Ou en début de printemps comme les cerisiers ; mais souvent bien avant que les fleurs de nos montagnes n’apparaissent en masse. Alors … cet automne, plantons des fruitiers !

(à suivre dans le prochain n°)

JC Mengoni

« Le Prod’huit du Pressoir » Les noms d’autrefois sont aussi les noms d’aujourd’hui.

« Le Prod’huit du Pressoir » Les noms d’autrefois sont aussi les noms d’aujourd’hui.

Automne 2012, lorsque nous poussons pour la première fois la grande porte de notre maison à St-Julien-en-Quint, c’est une histoire de famille qui nous ouvre ses bras. Les murs, les meubles, les objets de cette grande bâtisse à l’énergie singulière, nous confient des écrits, des images, des livres, cahiers et des papiers jaunis, chargés des symboles de notre passé et qui évoquent à leur manière le récit de plus d’un siècle d’Histoire au village…

Dans la cuisine, une maie. C’est un meuble rustique qui était utilisé pour la conservation de la farine et comme pétrin pour la fabrication du pain. Sous le plateau qui sert de plan de travail, un grand cahier sombre, avec une reliure verte émoussée, recouverte d’un papier marbré aux couleurs pourpres. Derrière sa couverture, l’odeur des très vieux livres, et quelques chiffres griffonnés dans un sens ou dans l’autre. Un fragile papier jaune plié, ainsi transformé en enveloppe, et orné d’un timbre rouge non daté a trouvé refuge là pendant plusieurs décennies…

Sur la première page, d’une écriture aussi somptueuse que difficile à déchiffrer, je peux lire « Compte des Blés Moulus – 1877 ».

Je feuillette avec un sourire curieux, les pages de chiffres qui s’organisent au fil des lignes.

Dans la première marge, le mois de Juillet, puis une colonne avec un chiffre qui est vraisemblablement le jour précis de la date. Ensuite vient le nom de la famille, suivi d’un nombre de sacs (blés, seigle, maïs, orge) dernier chiffre après plusieurs lignes rouges verticales, qui pourrait correspondre à un prix. On peut suivre la consommation, famille par famille de sacs de farine. Dans la liste interminable des noms, j’en reconnais certains, parfois orthographiés à l’ancienne ou mal orthographiés… Clin d’œil à leur descendance : « Jan Besson de Marigniac » – « Bertrand Jean de St-Etienne » – « Bouillane Auguste » – « Malliet Jean-Pierre » – « Martin Entoine » – « Morel Jule » – « Fraud Jean » – « Veuve Arbaud » – « Lantome instituteur » – « Louise Mars » – « Bertrand David » – « Blache Henri » – « Adolphe Richaud » – « Granon Jacques » – « Grangeron Antoine de Ste-Croix » – « Bonnet Régis » – « Vincent Jean » … Parfois en début de pages, on peut lire des paragraphes entiers barrés d’une grande croix tracée à l’encre, qui correspond aux ardoises soldées !

Vers le milieu des cahiers, des pages presque vierges, sur lesquelles on peut lire ce genre d’écriture : « N°26 Joubert Jean-pierre aux Bonnets – Le 21 Avril 1859 – 119 kilos » – « Morel Jacques, oficier à St-Julien » – « Planel Jean-Pierre à Millon »… Nos hameaux y sont tous répertoriés, avec des orthographes plus ou moins éloignées « Tourtre, Baïle, La Carde, Pérolier, Pélas, Ruisses… ». Je les connais bien moi-même, puisque j’ai fait le recensement de la commune de St-Julien-en-Quint en 2012, le deuxième hiver après notre arrivée, alors que notre premier fils Luc avait tout juste 9 mois !

À la fin du cahier, l’on trouve le « Prod’huit du Pressoir » et de nouveaux, des colonnes, des noms, et la mention « Doi », ou lorsque cette première mention est rayée, il est écrit «  Peyer ». La fin du cahier est bien déchirée, usée par tous ces comptes rendus… Les écritures sont sublimes, les majuscules majestueuses, et les lettres tellement élancées que souvent illisibles. C’est un bijou qui témoigne du passé de notre moulin et que j’ai eu plaisir à vous décrire dans cette page de la feuille de Quint !

Cécile Pagès