Cet été et ce début d’automne ont été marqués à St­-Andéol par 3 événements qui me ravissent. La fête du village a rassemblé 50 habitants autour de la fontaine de St-­Étienne. Le repas avec les chasseurs, seconde édition, a de nouveau permis de souligner le plaisir d’être ensemble et de
partager de bons moments. Les deux demi­ journées citoyennes organisées en octobre ont réuni une partie des habitants pour des travaux d’entretien impossibles à réaliser dans le cadre limité de l’emploi communal. On y a chaque fois retrouvé les ingrédients propres à la réussite de ce type de manifestation : une bonne préparation par quelques bénévoles, une organisation simple et festive, un réel désir de partage des participants.
Sans compter sur la générosité de la météo …


J’ai pris beaucoup de plaisir à répondre à la proposition de pièce de théâtre. Oh, non pas que j’aspirais à y dévoiler, à 62 ans, des talents d’acteur que des producteurs aveugles n’avaient pas décelés ☺ – j’y allais, nous y allions sans prétention aucune. J’ai « simplement » été porté par ce groupe de 15 personnes qui se côtoyaient au quotidien, qui parfois ne se connaissaient que peu. Nous avons travaillé ensemble pour créer (bon d’accord, partir d’une saynète de CM1 ne nous ouvrira pas tout de suite les portes d’Avignon), tout cela dans la bienveillance et l’écoute des idées des autres. Les répétitions, souvent à quelques­ uns seulement – nous ne nous
sommes rencontrés tous et toutes que la veille de la fête – ont été le
déclencheur de quelque chose de bien, que je n’arrive pas vraiment à nommer. Ce qui est sûr, c’est que ces bons moments – et peu importe la finalité ou la qualité intrinsèque de ce que nous avons produit, nous n’aspirions pas à rentrer à la Comédie Française – nous ont rapprochés.
Cette même fête d’été fut également axée sous le signe d’un faire­-ensemble
bien souriant. Tout y a été partagé ou offert. Merci dès lors aux nombreuses cuisinières et cuisiniers qui ont passé du temps à créer de petits chefs d’œuvre salés ou sucrés. Merci également à M. Bailly qui nous a offert une nouvelle fois un tonneau de sa bonne bière. Et nouvelle belle
surprise, la caisse à « participation libre » a permis de couvrir les frais engagés par Farandéol.


Le repas avec les chasseurs de ce 21 octobre a été également l’occasion de réunir des franges de population qui généralement se croisent mais ne se « mélangent » pas vraiment. Je ne suis pas chasseur, je ne mange pas franchement des tonnes de viande, Françoise est plutôt à tendance végétarienne. Néanmoins, je crois que se croiser lors de moments festifs rapproche et permettra demain un dialogue parfois encore difficile entre chasseurs et non chasseurs. Et comme cette fois encore ce bon moment sous le soleil fut très chouette, alors vive la future 3ème édition en 2018 !


Nous étions une petite dizaine à chaque demi­ journée citoyenne, ce qui confirme que la rencontre festive a plus d’écho que la rencontre travail… Nous avons nettoyé le jeu de pétanque et un sentier à St-­Étienne, réorganisé l’ancien local à poubelles en lieu de rencontre et enfin gratté et nettoyé les allées du cimetière de St­Andéol.
En écrivant cela, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur la participation citoyenne. Qu’est­ ce qui fait que les actions proposées ont un écho ou non ? Pourquoi étions­-nous 50 à la fête d’été et non 80 ? La non­-participation d’une personne tient­ elle à son absence d’intérêt général vis-­à­vis des actions collectives, d’un rejet clair ou d’un sentiment de non­appartenance à un groupe jugé peu fréquentable, ou simplement le signe d’un ego­-cocooning plus ou moins prononcé ? Je lisais récemment avec intérêt plusieurs études sur la ruralité. L’une parlait des clans : locaux et non locaux, agriculteurs et non agriculteurs, des prises de distance et peurs respectives. Une autre mettait en lumière une relation forte entre le temps passé sur Facebook et l’absence de vie sociale de voisinage. Une nouvelle question s’imposait à moi dès lors.
A­-t­-on fait le choix de naître ou de vivre ici pour être ultra connecté au monde et pas à la vie de la vallée ? Mais cela est une autre histoire qui
demanderait des heures de débats… citoyens.


Mais revenons à la vie de ce village de 70 âmes appelé St­-Andéol. Je voulais également relever les opérations de sauvegarde des truitelles cet été, le
travail des habitants du village pour entretenir et protéger la haie du cimetière contre la pyrale, le bel anniversaire de Marie­Hélène célébré par 95 % des habitants du bourg, les concerts organisés par Jürg Etter (les Clots sont un peu notre Bataclan local), les repas­-apéros improvisés sur les places
des hameaux, les petites entraides entre voisins, les journées où nous faisons le pain ensemble.
Ainsi que les efforts des Lætitia, Pascal, Maryline, Roland, Jean-­Marc et autres habitants qui font de nos hameaux un espace d’échange où je me sens bien. Merci à tous ceux et celles qui font vivre ce village. Tout à fait comme les autres ?
Non ! Bien mieux !

JC Mengoni

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