Les plateaux vus d’en haut !

Août. St-Julien-en-Quint. Un matin plein d’entrain. Sacs au dos, rêves hauts.

Quittons nos enfants au village. Entre de bonnes mains : la génération du dessus est venue veiller sur eux. Nous sommes à l’orée d’une petite expédition qui nous trotte dans la tête depuis notre arrivée dans la vallée : monter dans le cirque en partant à pied de chez nous, prendre un peu d’altitude et de recul pour voir la vie d’en haut et toucher les nuages.

Les pluies des jours passés donnent au paysage un goût et une odeur délicatement parfumée. La montagne se fait sous nos pieds. La montée s’affirme, de piste et de sentiers, de sous-bois et de forêts. Tout frissonne quand tout à coup le soleil vient caresser nos visages, révéler les feuillages et laisser derrière nous l’étrange mirage d’une nature ensommeillée. Grand bleu du ciel vibrant, intensément coloré. Sous nos pas, mousses, brindilles, écorces, cailloux. D’un peu plus près y gambadent une quantité incroyable d’insectes laborieux lisses ou duveteux. Les fleurs accueillent doucereusement les lumières des rayons scintillants. Sous nos yeux tout se transforme. À chaque pas, sons et points de vue nouveaux résonnent. Nos corps danseurs de marcheurs s’échauffent pour le clou du spectacle. Col de la Chaux. Col de Vassieux. But de l’aiglette. La lune est pleine, si proche. Nos yeux ébahis devant le silence profond des éclats vertigineux. L’à pic est tonitruant. Le sol semble se dérober sous nos talons. Un souffle immense s’installe en nous.

De l’autre côté, le But St-Genix se tient splendide, inébranlable. À nos côtés volent d’immenses rapaces, dont la trajectoire enlace celle des vents. Puis, quand on ne s’y attend plus, apparaissent une à une comme des étoiles, les maisons du village qui voit grandir nos enfants. Tout tourne dans ma tête. Nous voilà là-haut. C’est infiniment beau. Et en bas, c’est comme ça : tout petit, tout joli, tout bien calé dans le fin fond de la vallée.

Cécile

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