Alors je reprends mes recherches et je découvre que colombier signifie beaucoup plus que la simple définition du dictionnaire.

Voici le résultat de mes recherches : « Un colombier était à l’époque féodale un édifice destiné à loger et à élever des pigeons. Le colombier est nommé plus souvent pigeonnier depuis le XVIIIème siècle, mais le terme de colombier peut désigner un pigeonnier en forme de tour, généralement indépendant des autres bâtiments.

Au Moyen Âge et après, la possession d’un colombier à pied, construction séparée du corps de logis, ayant des boulins (nichoirs) de haut en bas, était un privilège du seigneur haut justicier. Chaque boulin correspondait à la possession d’un arpent carré (ou acre) de terre, c’est-à-dire 50 ares ou 5 000 m² (x boulins divisés par 2 = y hectares).

Oups, la famille habitant Le Colombier en 1580, date du colombier, devait donc être une famille noble ou de haute influence possédant un domaine très étendu !

Dans cette hypothèse, je replonge dans Google et après quelques … heures, je trouve « Les petits cahiers de Marc Gauer, généalogiste connu et spécialiste de la noblesse du Vivarais. Un de ces petits cahiers est consacré à la famille Jossaud qui comprend une branche vivaraise et une branche provençale. Dans ces quelques pages, résultats de recherches certainement très longues et fastidieuses, il est mentionné un François de Jossaud. Voici ce qu’écrit Marc Gauer :

« François de JOSSAUD, originaire de Provence, accompagna en qualité de médecin, Henri III en Pologne. Il se maria, une première fois en Pologne, et à son retour en France, s’établit à Saint-Julien-en-Quint, où il acheta la terre du Colombier, domaine qui n’a cessé depuis lors d’appartenir à la famille. Sa femme étant morte peu après, Il se maria une seconde fois avec Nn REBOUL de la JULIERE. »

Henri III, 4ème fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, est parti pour la Pologne en décembre 1573. Le 21 février 1574 le jeune prince de 23 ans est sacré roi de Pologne dans la cathédrale Saint-Stanislas. Mais Henri regrette la cour de France réputée dans toute l’Europe pour ses fêtes et, sans la permission de la diète polonaise, il s’échappe en catimini dans la nuit du 18 juin 1574 du palais royal du Wawel.

C’est donc en 1574 que François de Jossaud revient en France et enracine sa famille au Colombier avec 2 fils, David qui se fixera à Montclar et Jean qui restera à St-Julien.

Deux siècles après, nous retrouvons des descendants Jossaud, nés à St-Julien, devenus famille de négociants dans « huguenots-france.org » où sont cités Paul Jossaud né avant 1748, Pierre né avant 1719 négociant en soie à Saillans, Pierre marchand toilier né vers 1746 et décédé à Lyon en 1785, Gabriel né en 1750 et décédé à Lyon en 1799, Jean-Baptiste, négociant à Lyon vers 1787, …

Et cent ans plus tard, comme nous l’avons vu, la famille verra se succéder dans ses rangs des percepteurs et receveurs des impôts …

Maintenant tout est clair, je comprends mieux et peux laisser dormir en paix dans leur petit cimetière protestant les derniers descendants de cette grande famille Jossaud !…

Voici comment se termine l’épopée de la famille d’un gentilhomme, médecin du roi, qui venant de sa Provence via la Pologne s’installa en 1574 dans notre petit coin perdu de la vallée de Quint et a forgé la belle histoire de près d’un demi siècle du Colombier.

Danièle LEBAILLIF

Sainte-Croix

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